Garantie légale, garantie commerciale volontaire du fabricant et nouvelles obligations d’étiquetage de l’UE – les principales questions et réponses pour les commerçants.

Depuis le 27 septembre 2026, de nouvelles obligations d’information relatives à la garantie légale et aux garanties commerciales de durabilité s’appliquent dans l’Union européenne. Les commerçants doivent désormais mieux informer les consommateurs de leurs droits à l’aide d’étiquettes européennes uniformes.

Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement pour votre commerce ? Quelle est la durée de la garantie légale ? Qui doit prouver qu’un produit était défectueux ? Et quand un commerçant est-il tenu de réparer ou de remplacer un produit ?

Nous répondons aux principales questions pour les commerçants au Luxembourg.

1. Qu’est-ce que la garantie légale ?

La garantie légale oblige les vendeurs professionnels à livrer aux consommateurs des biens conformes au contrat de vente.

Un produit doit notamment :

  • correspondre à la description du produit,
  • présenter les caractéristiques convenues et normalement attendues,
  • être adapté à l’usage prévu et habituel,
  • être exempt de défauts pour lesquels le vendeur est légalement responsable.

 

Si un produit ne répond pas à ces exigences, le client peut faire valoir ses droits au titre de la garantie légale.

Important : La garantie légale est obligatoire et ne peut pas simplement être exclue vis-à-vis des consommateurs. Les règles suivantes concernent les ventes de commerçants professionnels à des clients privés (B2C).

2. Quelle est la durée de la garantie légale au Luxembourg ?

Au Luxembourg, la durée de la garantie légale pour les biens neufs est en principe de deux ans à compter de la livraison. 

Pour les biens d’occasion, la garantie légale s’applique également en principe pendant deux ans. Toutefois, sous certaines conditions, les commerçants peuvent convenir au préalable par écrit avec le consommateur d’une durée plus courte. Celle-ci doit être d’au moins un an. Des exceptions s’appliquent à certains véhicules d’occasion.

3. Qui doit prouver qu’un produit était déjà défectueux au moment de la livraison ?

Le droit luxembourgeois distingue deux périodes : 

Pendant les 12 premiers mois suivant la livraison :

Si un défaut apparaît au cours de la première année, il est en principe présumé que la cause du défaut existait déjà au moment de la livraison.

Le client doit signaler le défaut, mais il ne doit en principe pas prouver qu’il existait déjà au moment de la livraison. Si le commerçant estime que le dommage a été causé ultérieurement par le client, il devra éventuellement le prouver.

Du 13e au 24e mois :

À partir du 13e mois, la charge de la preuve incombe en principe au client. Celui-ci doit prouver que la cause du défaut existait déjà au moment de la livraison.

Les preuves peuvent par exemple inclure des échanges écrits, des photos, des témoignages ou une expertise. 

4. Tout dommage constitue-t-il automatiquement un cas de garantie légale ?

Non. La garantie légale ne couvre en principe pas les dommages survenus après la livraison en raison d’une utilisation inappropriée ou d’influences extérieures.

Exemples :

  • Un client fait tomber un produit et l’endommage.
  • Un appareil électronique est exposé à l’humidité contrairement aux consignes d’utilisation.
  • Un article fragile est endommagé lors du déballage.
  • Un produit est utilisé contrairement à son usage prévu.

 

L’usure normale ne constitue pas non plus automatiquement un défaut couvert par la garantie légale.

Attention toutefois : un défaut peut également n’apparaître qu’après plusieurs mois d’utilisation normale. Si sa cause réside par exemple dans un défaut de matériau ou de fabrication qui existait déjà au moment de la livraison, il peut toujours s’agir d’un cas relevant de la garantie légale.

L’élément déterminant n’est donc pas seulement le moment où le dommage devient visible, mais son origine.

5. Qu’en est-il si un client a ouvert l’emballage d’origine ou déjà utilisé le produit ?

L’ouverture de l’emballage d’origine ou la simple utilisation d’un produit n’exclut pas la garantie légale.

Un commerçant ne peut donc pas refuser automatiquement une réclamation justifiée au motif que la marchandise a déjà été déballée ou utilisée.

Ce qui importe, c’est de savoir s’il existe réellement un défaut pour lequel le commerçant est légalement responsable.

La garantie légale ne doit pas non plus être confondue avec le droit de rétractation pour les achats en ligne. Les conditions applicables sont différentes.

6. Quels sont les droits du client en cas de réclamation justifiée au titre de la garantie légale ?

En principe, le client peut demander que le bien soit mis en conformité avec le contrat par réparation ou remplacement. 

Le client peut choisir entre ces possibilités, à condition que la solution choisie soit possible et non disproportionnée. 

La réparation ou le remplacement doit : 

  • être gratuit, 
  • être effectué dans un délai raisonnable, 
  • être réalisé sans inconvénient majeur pour le client. 

 

Sous certaines conditions légales, le client peut également demander une réduction appropriée du prix ou la résolution du contrat avec remboursement du prix d’achat. 

En cas de défaut mineur uniquement, la résolution du contrat est en principe exclue. 

7. Qui prend en charge les frais d’expédition en cas de réclamation ?

En cas de réclamation justifiée au titre de la garantie légale, le commerçant doit prendre en charge les frais nécessaires à la mise en conformité du bien.

Cela comprend par exemple les frais de transport, de matériel et de main-d’œuvre.

Le client ne doit en principe pas supporter de frais supplémentaires pour la réparation ou le remplacement légalement dû. 

8. Quelle est la différence entre garantie légale et garantie commerciale ?

Ces deux notions sont souvent confondues, mais elles désignent des droits différents. 

Garantie légale

  • Elle est prévue par la loi. 
  • Elle s’applique automatiquement aux ventes aux consommateurs.
  • Elle s’exerce en principe contre le vendeur. 
  • Elle est en principe de deux ans au Luxembourg pour les biens neufs. 

Garantie commerciale volontaire

  • Il s’agit d’un engagement supplémentaire du fabricant ou du commerçant. 
  • Elle peut par exemple offrir une durée plus longue ou des prestations supplémentaires. 
  • Elle dépend des conditions de garantie applicables. 
  • Elle peut être proposée gratuitement ou contre paiement. 

Une garantie commerciale volontaire ne peut ni remplacer ni limiter la garantie légale. 

9. Qu’est-ce qui a changé depuis le 27 septembre 2026 ?

Depuis cette date, de nouvelles obligations d’information s’appliquent dans l’UE afin d’aider les consommateurs à mieux distinguer la garantie légale des garanties commerciales de durabilité supplémentaires.

Deux étiquettes européennes uniformes ont été introduites à cet effet : 

L’étiquette européenne de garantie légale

Elle informe les consommateurs sur les principaux droits liés à la garantie légale. Les commerçants qui vendent des biens de consommation doivent la mettre à disposition de manière bien visible. 

L’étiquette EU-GARAN

Elle concerne certaines garanties commerciales de durabilité gratuites du fabricant, qui couvrent l’ensemble du produit et ont une durée de plus de deux ans.

Les deux étiquettes ont des fonctions différentes et ne doivent pas être confondues.

10. Où la nouvelle étiquette européenne de garantie légale doit-elle être affichée ?

L’étiquette officielle de garantie légale doit être mise à disposition de manière bien visible.

Dans le commerce physique, elle peut par exemple être affichée dans le magasin ou à la caisse.

Dans le commerce en ligne, elle doit être visible sous forme d’information générale sur le site web. Pour les ventes en ligne, le modèle européen en couleur doit être utilisé.

La présentation officielle de l’étiquette ne peut pas être modifiée.

Les modèles et informations complémentaires sont disponibles sur le site de la Commission européenne.

11. Quand l’étiquette EU-GARAN est-elle requise ?

L’étiquette EU-GARAN concerne une forme spécifique de garantie commerciale volontaire du fabricant.

Elle s’applique lorsqu’un fabricant propose une garantie qui remplit les conditions suivantes :

  • Elle est gratuite pour le consommateur.
  • Elle garantit la durabilité de l’ensemble du produit.
  • Elle a une durée de plus de deux ans.

 

Si le commerçant reçoit les informations de garantie correspondantes de la part du fabricant, il doit afficher l’étiquette lors de la vente du produit concerné conformément aux exigences légales.

Pour les ventes en ligne, l’étiquette doit être clairement associée au produit concerné. L’information doit également être clairement accessible immédiatement avant la finalisation de la commande.

Important : Toute garantie commerciale volontaire ne permet pas l’utilisation de l’étiquette EU-GARAN. Par exemple, une garantie qui couvre uniquement un composant particulier ne suffit pas.

12. Comment les commerçants devraient-ils gérer une réclamation client ?

Un processus de réclamation bien documenté permet d’éviter les malentendus et les litiges.

En cas de réclamation, il est recommandé de consigner les informations suivantes :

  • numéro de commande et date de livraison,
  • date de la réclamation,
  • description précise du défaut,
  • photos du produit et, le cas échéant, de l’emballage,
  • informations sur l’utilisation antérieure,
  • communication précédente avec le client.

 

Ces informations permettent de mieux évaluer s’il s’agit d’une réclamation justifiée au titre de la garantie légale et quelle solution est appropriée.

Une documentation rigoureuse est particulièrement importante pendant les douze premiers mois, car le commerçant doit en principe prouver qu’un dommage est survenu seulement après la livraison s’il invoque cet argument. 

13. Quelles formulations les commerçants devraient-ils éviter ?

Les déclarations qui excluent de manière générale les droits légaux des consommateurs sont problématiques.

Exemples :

  • « Pas de garantie légale sur les articles soldés. »
  • « Réclamations uniquement dans l’emballage d’origine non ouvert. »
  • « Les produits déjà utilisés sont en principe exclus de la garantie légale. »
  • « Après l’expiration de la garantie du fabricant, il n’existe plus aucun droit. »

 

De telles formulations peuvent induire les consommateurs en erreur quant à leurs droits légaux.

Les commerçants devraient plutôt informer de manière factuelle et transparente sur la garantie légale, les garanties commerciales volontaires et la procédure de réclamation.

Conclusion : à quoi les commerçants doivent-ils faire attention maintenant ?

La garantie légale n’est pas un sujet nouveau pour les commerçants. Toutefois, les obligations d’information de l’UE applicables depuis le 27 septembre 2026 la rendent plus visible pour les consommateurs.

Trois points sont particulièrement importants pour les commerçants :

  • Distinguer garantie légale et garantie commerciale : La garantie légale s’applique indépendamment des promesses de garantie volontaires.
  • Examiner soigneusement les réclamations : Tout dommage n’est pas automatiquement couvert par la garantie légale. La cause du défaut et les règles applicables en matière de charge de la preuve sont déterminantes.
  • Respecter les nouvelles obligations d’étiquetage : L’étiquette européenne de garantie légale et, le cas échéant, l’étiquette EU-GARAN doivent être mises à disposition conformément aux exigences légales.

 

Les commerçants qui informent leurs clients de manière transparente et traitent les réclamations de façon traçable réduisent les malentendus et renforcent la confiance dans leur commerce. 

Informations complémentaires

 

Remarque : Cet article est fourni à titre d’information générale pour les commerçants professionnels au Luxembourg et ne constitue pas un conseil juridique individuel. Il a été créé avec l’aide de l’intelligence artificielle (IA) et relu éditorialement.